Festival de Cannes 2019 : deux films russes dans la sélection « Un certain regard » !

cannes-selection-2019-1.jpg

Du jamais vu depuis très longtemps : la sélection « Un certain regard » accueille deux films russes en compétition cette année. Kantemir Balagov, 27 ans seulement et déjà de retour à Cannes après « Tesnota / Une vie à l’étroit » en 2017 lauréat du prix FIPRESCI. Cette année, il présente « Beanpole » (intitulé Дылда / Dilda, géant en russe), un puissant drame d’époque où deux jeunes femmes, Iya et Masha, se retrouvent dans la tourmente d’un douloureux épisode historique : le siège de Leningrad. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Wehrmacht imposa près de 900 jours de blocus (de septembre 1941 à janvier 1944) à cette ville aujourd’hui appelée de nouveau Saint-Pétersbourg.

kinopoisk.ru-Kantemir-Balagov-3073368.jpg
Kantemir Balagov, 27 ans et déjà sélectionné deux fois à Cannes !

Parmi les producteurs de « Beanpole » nous retrouvons l’un des piliers du cinéma russe qui s’exporte, Alexandre Rodnianski, dont la renommée mondiale fut confirmée lorsqu’il produisit deux oeuvres d’Andreï Zviaguintsev sélectionnées à Cannes, Levaitan (2014) prix du scénario, et Faute d’amour (2016) prix du jury.

1920x1080.jpg
Alexandre Rodnianski, l’homme qui donne au cinéma russe actuel sa reconnaissance internationale.

Le second long-métrage russe dans la compétition « Un certain regard » est l’œuvre de la réalisatrice Larisa Sadilova qui nous présente Un jour à Troubtchevsk. Peuplée d’environ 15 000 habitants, située à plus de 400 km au Sud-Ouest de Moscou, Troubtchevsk est le décor du septième long-métrage de Larissa Sadilova née en 1963 à une centaine de kilomètre de cette ville. La réalisatrice nous plonge dans la Russie profonde loin de l’ultra-modernité de Moscou. Un jour à Troubtchevsk est le portrait d’une autre Russie où rien ne semble avoir changé depuis 50 ans dans le mode de vie tout comme dans les relations homme-femme. Le film rappelle les contrastes qui peuvent encore frapper dans le plus vaste pays du monde. On peut s’imaginer que, de ce fait, le film n’a pas bénéficié de fonds publics russes. Il est produit par les sociétés russes Chim-film (ШиМ-фильм), et ARSI-film (АРСИ-фильм).

img140526104025603
Larissa Sadilova, née en 1963 à Briansk, à 100 km de Troubtchevsk.

Sélectionnés dans le plus grand festival de cinéma au monde, ces deux films ne doivent cependant pas encore laisser croire que la production cinématographique russe actuelle se limite aux drames sociaux et fresques historiques sur la Seconde Guerre mondiale. Dans la centaine de films produits chaque année en Russie, les genres et thèmes sont très variés. Nous gardons l’espoir qu’un jour d’autres films russes seront aussi sélectionnés à Cannes pour enfin dépoussiérer et présenter de manière plus positive leur pays.

Rédigé par Siméon Mirzayantz le 10.05.2019

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s